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La nouvelle saison de « Top of the Lake » arrive enfin!

Plus tourmentée et pugnace que jamais, Robin Griffin (Elisabeth Moss) tente d'élucider le meurtre d'une jeune Asiatique à Sydney. La sombre et envoûtante série de Jane Campion revient pour une suite aussi virtuose



L'enfance avait inspiré la saison 1 de Top of the Lake. C'est vers les parents, et plus précisément les mères, puisque les femmes figurent à nouveau au centre de cette deuxième saison, que Jane Campion tourne son regard à la fois lyrique et caustique. Maternité empêchée, magnifiquement incarnée, autour d'Alice Englert (la propre fille de la cinéaste), par les personnages opposés de Robin et Julia (Nicole Kidman) ; maternité louée, puisque entre autres exploitations du corps féminin, la question des mères porteuses clandestines surgit dans l'enquête ; maternité anxieuse, car le spectateur s'attache d'emblée à cette adolescente assoiffée d'amour qui joue avec le feu…
Plus intime, plus intérieure, resserrée sur les personnages et la ville, avec en contrepoint l'immensité de l'océan, cette suite virtuose, portée par la performance impressionnante d'Elisabeth Moss, prolonge et amplifie le sombre envoûtement des six précédents épisodes. On retrouve aussi, dans cette tonalité nouvelle, la crudité, le sens du suspense, l'étrangeté, l'humour de la première saison – mention spéciale à la nouvelle venue Gwendoline Christie (Game of Thrones). Une réinvention virtuose, qui confirme la qualité unique de Top of the Lake, série grand écran.

Top of the Lake – China Girl

Série de Jane Campion (Australie/Royaume-Uni, 2017, 6x1h, VF/VOSTF ) - Réalisation : Jane Campion et Ariel Kleiman - Scénario : Jane Campion et Gerard Lee - Avec : Elisabeth Moss (Robin Griffin), Nicole Kidman (Julia), Gwendoline Christie (Miranda Hilmarson), Alice Englert (Mary), David Dencik (Alexander "Puss"), Ewen Leslie (Pyke) - Image : Germain McMicking - Production : See Saw Films, Fulcrum Media Finance, Media Super, BBC, BBC Worldwide Australia & New Zealand, Sundance TV, avec la participation d’ARTE France
ARTE rediffuse la saison 1 de Top of the Lake  le jeudi 30 novembre en grille de nuit. La série sera ensuite disponible en replay jusqu'au 11 décembre.

Top of the Lake  et Top of the Lake – China Girl  sont disponible en VOD, coffret DVD et Blu-ray sur ARTE Boutique.

Interview

La beauté du thriller selon Jane Campion


"Voir travailler Elisabeth Moss est pour moi très mystérieux et très beau. Tout se passe comme si elle empruntait des rivières souterraines. Sur le tournage, il m'est souvent arrivé de me dire : 'Mon Dieu, elle chante des notes que je ne savais même pas avoir écrites !' Top of the Lake est un thriller et la beauté du genre, c’est que les personnages qu’on y trouve sont eux-mêmes imparfaits. Ils se confrontent à l’inconnu, font tout leur possible pour découvrir la vérité, mais butent sur les points d’ombre qu’ils n’ont pas résolus en eux-mêmes. L’idée de se relancer sur une nouvelle saison m’a d'abord accablée : c’est tellement de travail ! Pour en retrouver la force, il fallait travailler avec une matière fascinante, qui nous interpelle au plus profond de nous. Je souhaitais changer d’environnement. Suivre la même inspectrice, mais plus tard dans sa vie, face à une histoire entièrement nouvelle. Avec Gerard [Lee, le coscénariste], nous avons décidé de parler de ce qui nous occupe au quotidien : essentiellement, on s’inquiète pour nos enfants et on se demande s’ils iront bien ! Nous nous sommes dit qu’il fallait explorer la parentalité." (Source: ©Arte-Magazine)

Le fil de la fille

Quatre ans après le choc de Top of the Lake, qui lui a valu un Golden Globe, Elisabeth Moss approfondit de manière saisissante, dans un retour très attendu de la série, le rôle que Jane Campion a imaginé pour elle. Entretien.

 
 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de retrouver le personnage de Robin ?
Elisabeth Moss
 : Ce que j'aime le plus chez elle, de mon point de vue d'actrice, ce sont ses failles, sa vulnérabilité, comme sa capacité à être forte quand il le faut dans son travail, au nom de la justice et de la vérité. C'est la manière dont se mêlent ce combat et le chaos de sa vie personnelle, qu'elle ne peut pas contrôler, qui la rend passionnante à interpréter. Dans cette saison-ci, elle est plus chahutée que jamais. Cela a été très compliqué à jouer, et donc très captivant.

Comment Jane Campion vous a-t-elle persuadée de reprendre le rôle ?
Au début, il n'avait pas été question d'une suite, mais quand l'idée a émergé et qu'elle m'a posé la question, j'ai dit que cela me plairait beaucoup, à condition de ne pas me répéter. Je voulais qu'il y ait un nouvel enjeu. Trois ans après, j'ai découvert un scénario qui dépassait de beaucoup mes attentes. Ce qu'elle me proposait était infiniment plus complexe, attirant et neuf que ce qu'on se voit d’ordinaire offrir pour une saison 2.

Avez-vous été surprise, en 2013, par le succès de Top of the Lake ?
Absolument. Je savais bien qu'on avait fait quelque chose de bon, mais la série est si sombre, si étrange, et le style de Jane Campion si particulier, que je n'étais pas certaine que le public suive. Pour moi, ce succès est un gage de l'intelligence des téléspectateurs. Cela a été extrêmement gratifiant, car nous avions travaillé beaucoup et durement, dans des conditions tout sauf confortables. Nous nous sommes passionnément engagés dans ce projet, pour sa beauté, pour Jane, aussi. Quand on met tant de soi dans un travail, cela fait chaud au cœur de le voir fêté et applaudi.

Comment s'est passé ce deuxième tournage avec Jane Campion ?
Jane est unique. La manière dont elle vous parle et vous guide sur un plateau n'appartient qu'à elle. Elle trouve toujours le mot juste pour vous aider à envisager une scène d'un œil neuf. Ou elle vous dit simplement : "C'est ton terrain de jeu, ma poulette. Amuse-toi." L'entente entre nous a été encore plus forte cette fois, parce que, désormais, on se connaît vraiment bien. En quatre ans, nous avons noué une relation profonde, intense et confiante, qui m'a donné plus de liberté et d'assurance sur ce tournage. L'autre avantage, c'est qu'elle perçoit mieux le moment où, en tant qu'actrice, je peux donner davantage, et celui où j'ai déjà tout donné. Et moi, je peux voir quand, sous sa casquette de réalisatrice, elle cherche réellement à obtenir quelque chose dont elle a besoin, et aussi quand elle a ce qu'il lui faut, mais qu'elle prolonge le jeu pour le plaisir. Nous sommes très honnêtes l'une envers l'autre.

Quels sont les nouveaux thèmes qui émergent dans cette suite ?
La saison 1 est centrée sur l'enfance. Robin revient dans la maison de ses premières années, revisite ce qu'elle y a vécu auprès de sa mère, de son père, traverse à nouveau l'horrible expérience qu’elle a subie à 16 ans. En un sens, elle est restée une enfant. Et bien sûr, Tui et les autres petites victimes qu'elle cherche à protéger sont aussi des enfants. China Girl, en revanche, parle des parents, et en particulier des mères. Des enfants aux parents, il y a comme une amplification du thème, une manière très forte et subtile de connecter les différents fils de l'histoire autour d'une idée centrale, mais envisagée d'un point de vue autre. Tous ces fils convergent et se rejoignent d'une façon puissamment émotionnelle, pas pour résoudre artificiellement l'intrigue, même si le suspense et l'enquête sont aussi très importants.

Quels sont les principaux éléments nouveaux pour vous et Robin ?
Parce qu'elle revient à Sydney, Robin est désormais officiellement intégrée dans les forces de police, avec une arme de service, un insigne, un bureau au sein d'une brigade, alors qu'en Nouvelle-Zélande elle restait une sorte d'électron libre. Par rapport à ça, il ne fallait pas de fausse note. L'équipe "yin et yang", d'abord comique, puis conflictuelle, puis extrêmement proche, que nous formons avec Miranda [Gwendoline Christie], aussi différente de moi physiquement que moralement dans l'histoire, apporte un vrai élément de surprise. Mais évidemment, le gros morceau, c'est ma relation avec Mary, ma fille. J'ai adoré cette partie du rôle pour sa richesse, son mystère... C'est de la nature de ce lien que Jane et moi avons le plus discuté. Nous souhaitions explorer l'idée que, quand elle rencontre Mary, Robin ne se sent pas sa mère, ce qui suscite chez elle un sentiment d'inadéquation. Le lien qui naît ensuite entre elles et se développe est central dans le scénario. Cela a été extraordinaire de faire ce voyage avec elle.

(source: ©Arte-Magazine)










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