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Remise du prix Lumière à Wong Kar-wai

Vendredi soir à Lyon, le scénariste, producteur et réalisateur Wong Kar-wai a reçu le 9e Prix Lumière pour l'ensemble de sa carrière.
Le réalisateur chinois succède à Catherine Deneuve, récompensée en 2016.



© Institut Lumière / Jean-Luc Mège
© Institut Lumière / Jean-Luc Mège

Né en 1958 à Shanghaï, Wong Kar-wai n'a que 5 ans lorsqu'il quitte la Chine, en proie à la révolution culturelle, pour immigrer à Hong Kong.
« En débarquant de Shanghai, à 5 ans, pour fuir la Révolution culturelle, nous pensions repartir vite (...) 50 ans plus tard je connais mieux Hong Kong que Shanghai. Mais cette ville reste le berceau de mon enfance, j’y retourne régulièrement.
Nous ne connaissions personne à Hong Kong, et ma mère a compensé cette absence d’entourage par le cinéma. Un jour, mon père m’a emmené voir une "comédie romantique", ma mère était moyennement ravie car c’était en réalité un film de Fellini ! » confie-t-il.

 

« Pour ma génération, la radio et le cinéma étaient des fenêtres ouvertes sur le monde. Je me suis dit : "C’est le monde auquel je veux appartenir". (...) Dans les années 1980, les films de gangsters sont à la mode et je choisis ce genre pour montrer les deux anti-héros de mon premier film, As Tears Go By (1988). C’était l’âge d’or du cinéma hongkongais, tout le monde voulait être le nouveau John Woo.»

 

Lors de la Master Class du 20 octobre après-midi au Théâtre des Célestins, Wong Kar-wai confie alors au public :

« Je déteste écrire car c’est une phase de création trop solitaire. Mais je dois le faire car j’ai beaucoup de mal à trouver des auteurs. Les acteurs ont un script et, tous les matins à 7h, j’apporte les modifications écrites pendant la nuit, tout le monde s’adapte. Au final, je tourne la journée et j’écris la nuit, c’est du 24/24h. Et je me réserve le droit d’écrire encore pendant le montage ! ».

 

Les acteurs se mouvant dans le décor lui inspirent les dialogues. Wong Kar-wai ressent la nécessité qu’ils « créent leur propre partition. » Thierry Frémaux compare le cinéaste à un poète et un artiste peintre qui dessine la poésie de ses films touche par touche.

Wong
Par-Wai poursuit par un clin d'oeil faisant référence au retard de rendu de bobine pour 2046 au festival de Cannes de 2004, « Il est vrai que je suis mon propre producteur mais il y a d’autres contraintes, comme celle de rendre sa copie à temps pour un festival (référence au retard de rendu de bobine pour 2046 au festival de Cannes de 2004, NdlR). C’est ainsi que les délimitations deviennent inspiration ! ».


© Institut Lumière / Jean-Luc Mège
© Institut Lumière / Jean-Luc Mège

Cérémonie de la remise du prix Lumière

La soirée a débuté avec l’air de La Bohême interprétée par la chanteuse québécoise Diane Dufresne en hommage à Charles Aznavour, invité d’honneur de cette édition, présent dans la salle. Puis a suivi l’hommage de son collaborateur, le chef opérateur Christopher Doyle offrant un montage de prises de vues d’In the Mood for Love sur une chanson de Françoise Hardy «Je veux qu’il revienne... I want him back». La violoncelliste Sonia Wieder-Atherton a ensuite interprété le sublime thème du film, avant l’hommage du cinéaste et ami Olivier Assayas.

 

 «Grâce aux frères Lumière, beaucoup d’entre nous avons la chance de pouvoir faire des tours de magie. Cela fait 30 ans maintenant, que je fais mes tours de magie, et je voudrais remercier le public et mes collaborateurs, sans qui elle ne prendrait  pas.» 

 

Le cinéaste de l’amour impossible a alors dédié son prix, avec émotion... à son épouse et sa muse, Esther, qui a inspiré « une part de tous les personnages féminins »"de ses films, l’invitant à le rejoindre sur scène. « Merci Lumière, merci Lyon and long live cinema ! », a lancé Wong Kar-wai avant de recevoir son prix des mains de l’actrice Isabelle Adjani. Une soirée qui s’est conclue avec l’euphorisant Happy Together des Turtles.

 

© Institut Lumière / Léa Rener
© Institut Lumière / Léa Rener









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