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ACTUELLEMENT AU CINEMA

Au cinéma le 8 novembre 2017



ACTUELLEMENT AU CINEMA

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive.
Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage...

Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
JALOUSE
Un film de : David et Stéphane Foenkinos 
Avec : Karin Viard, Dara Tombroff, Anne Dorval, Thibault de Montalembert, Anais Demoustier 
 



 
 
 
 
 
 

ENTRETIEN KARIN VIARD

Quelle fut votre réaction à la première lecture du scénario ?
J’ai immédiatement été tenté par le rôle de Nathalie. On nous raconte souvent des histoires de femmes qui abordent la cin- quantaine en ayant envie de coucher avec des hommes plus jeunes, ou d’autres qui sont tout simplement au bout du rouleau. Ici c’est un personnage complexe, comme je les aime, qui n’est pas doté d’une seule couleur. Puis j’ai trouvé le script très bien écrit, avec des rôles secondaires fouillés et un thème nalement assez peu traité. J’aime aussi le titre JALOUSE, plutôt punchy, qui dé nit d’emblée le personnage.
Qu’est-ce que la rivalité mère- lle évoque pour vous ?
J’ai eu l’occasion de constater que ce type de rapports se bâtit souvent à deux. Quand on élève des lles, on découvre un jour qu’elles ont envie qu’on leur fasse de la place. Elles vont même parfois à l’assaut de manière un peu folle pour l’obtenir. Ce n’est pas le cas avec Mathilde dans le lm sur laquelle Nathalie n’a pas de prise. Elle n’est jamais dans la compétition et reste dans l’incompréhension face à l’attitude injuste de sa mère.
Comment présenteriez-vous Nathalie que vous interprétez ?
Comme une femme jalouse, mais pas seulement de sa lle, de tout le monde. Une femme traversée par des choix, des situations qui lui échappent, qui peut être épouvantable mais qu’on aime, parce qu’elle est drôle, humaine. C’est une intellectuelle qui évolue dans un monde qu’elle ne comprend pas, et qui ne la comprend pas. Elle se sent dépassée. Nathalie a des convictions et trouve évident de les formuler. Mais elle est sans ltre, jamais freinée par le regard social. Elle est la seule à ne pas être choquée par certains de ses propos. Quand elle dit à sa meilleure amie qu’elle a de la chance que sa lle soit « ingrate », elle l’énonce comme un constat et ne comprend pas que ce soit blessant. En tout cas, pas dans un premier temps.
Quelles relations entretient-elle avec sa lle ?
On devine qu’elles ont été très proches. Mais Mathilde est arri- vée à un âge où elle est plus heureuse en dehors de la relation.
Elle préfère être avec son mec. Nathalie le vit comme une forme d’abandon. J’ai le sentiment que la jalousie qu’elle éprouve envers sa lle est aussi teintée de déception. Une déception d’autant plus grande qu’elle a un amour et une admiration folle pour elle. Les mères déçues par leurs enfants existent. J’en connais. Nathalie aurait aimé que comme l’une des ses élèves, sa lle fasse de bril- lantes études. Or elle a privilégié le corps à l’intellect en choisis- sant la danse. Nathalie devrait la laisser s’exprimer, être un écrin pour son développement. De son point de vue, le père de sa lle trouve tout merveilleux parce qu’il la voit peu et s’implique peu. Alors qu’elle, en tant que mère cherche ce qu’il y a de mieux pour sa lle. Il n’y a pas que de la malveillance chez Nathalie.
Qu’aviez-vous envie d’explorer avec ce rôle ?
Jouer autre chose que la jalousie, fouiller ailleurs pour com- prendre le sentiment qui préexiste. La jalousie est une émotion complexe, tellement souterraine qui renvoie à notre fragilité. C’est peut être lié à l’enfance. Et puis je trouvais réducteur de tout ramener à ça. D’autant que le problème du personnage est plus large.
Comment l’avez-vous composé ?
Ma démarche a été, scène après-scène, d’étudier les situations pour trouver la vérité de ce qu’elle vit, ce qu’elle dit. Son mari par exemple, elle ne l’aime plus, et pourtant, elle jalouse sa nou- velle compagne. D’une manière générale, j’ai évité de porter sur mon personnage un regard moral. Si dans la vie j’en ai forcément, sur un plateau, jamais. Sur le lm PARIS où j’inter- prétais le rôle d’une boulangère raciste, Cédric Klapisch m’a dit un jour : « la meilleure façon de jouer un tel rôle est de l’assu- mer complètement. » C’est que j’ai fait avec Nathalie. Je n’avais pas envie de l’accabler, la ridiculiser. Mais jouer les jalouses, les méchantes, provoquer, ça ne me dérange pas. D’autant qu’en tant que spectatrice, j’aime détester certains personnages.
Racontez-nous votre rencontre avec David et Stéphane, les frères Foenkinos...
Je connaissais déjà Stéphane, sa fantaisie. David et lui sont très différents. Mais tous deux très agréables, ouverts. Ils collaborent. Nous avons beaucoup parlé du personnage en amont. Je jouais les scènes de façon indépendantes les unes des autres. David et Stéphane m’ont aidé en endossant le rôle de chefs d’orchestre. Ils me rappelaient où en était le personnage dans la scène qui précédait et suivait. Ça me permettait de moduler l’amplitude du jeu et trouver l’équilibre.
Pour Dara Tombroff qui incarne le rôle de votre lle, c’est un premier long métrage. Comment avez-vous abordé les scènes avec elle ?
J’ai fait en sorte qu’elle soit à l’aise. Mais je me suis retrou- vée parfois dans le rôle de maman. Dara connaissait tou- jours son texte, mais était parfois inquiète et cela se tradui- sait par un certain repli. Alors je l’ai un peu secouée pour l’aider. Et elle l’a très bien compris. J’aime de plus en plus jouer avec de jeunes acteurs. Ils ont de vraies fulgurances.
Comment s’est passé le tournage avec Anne Dorval qui joue le rôle de votre meil- leure amie ?
L’admiration que j’ai pour l’actrice ne s’est pas éteinte en la rencontrant. Elle est à la fois sombre et très drôle. Cela nous a rapprochées. Il faut un terrain commun si on ne veut pas jouer l’amitié de façon convenue. Interpréter le rapport amoureux avec quelqu’un que je n’aime pas, je peux le faire. Mais l’amitié avec une lle avec qui je ne partage aucune complicité m’est dif cile. Avec Anne, c’était simple.
Que retiendrez-vous des scènes avec vos autres partenaires : Anaïs Demoustier, Thibault de Montalembert, Bruno Todeschini ?
Le casting est particulièrement bien réalisé. Les acteurs sont tous bons. Avec Thibault de Montalembert, nous avions joué en 1999 le premier lm de Michel Hazanavicius : MES AMIS. On s’était follement amusé. J’étais vraiment heureuse de le retrouver sur le plateau. C’est un homme charmant. Avec Bruno Todeschini, on est de la même génération, mais jusqu’à présent, on s’est surtout croisé. Bruno est totalement libre dans sa masculinité. Il n’a pas peur de sa féminité. Ça le rend perméable. Beaucoup d’acteurs tiennent à s’af rmer : Je suis un homme. Lui non. Ce qui est rare. Quant à Anaïs Demoustier, je la trouve amusante, j’aime son visage, j’adore sa façon de jouer : futée, précise. J’ai l’intuition qu’elle va faire une très grande carrière.
Vous dites que jouer est souvent un révélateur intime.
Oui ! Interpréter le drame, le désespoir, ça permet de se laver. On laisse sortir le monstre. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





Mercredi 8 Novembre 2017






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