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Biodiversité - quels enjeux pour notre santé ?

Biodiversité et Santé




Le terme « biodiversité » vient de la contraction de l’expression « diversité biologique ». La biodiversité reflète le nombre, la diversité et la variabilité des organismes vivants, ainsi que la façon dont ces aspects changent d’un endroit à l’autre et avec le temps. Elle recouvre la diversité au sein d’une même espèce (diversité génétique), entre les espèces (diversité des espèces) et entre les écosystèmes (diversité écologique). 
Le terme de biodiversité est généralement restreint, dans le but de regrouper les différentes modalités de la diversification. Ce n'est pas en soi un objet d'étude, c'est seulement un concept. Tous les chercheurs qui œuvrent à caractériser la diversité des formes de vie participent à la connaissance de la biodiversité.
La biodiversité joue un rôle prépondérant dans le bien-être humain, notamment à travers son impact sur la santé et la fourniture de matières premières.
Or, les activités humaines entraînent bien souvent des pertes irréversibles en termes de diversité de vie sur Terre, pertes qui ont été plus rapides au cours de ces 50 dernières années qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire humaine.


Chaque espèce a sa place dans l’écosystème, et va jouer un rôle dans le maintien des écosystèmes.  
L’homme a été depuis le début de son existence, il y a deux millions d’années, dépendant de la faune et de la flore pour se nourrir. Il prélève ainsi dans le milieu naturel les aliments nécessaires à sa survie : plantes, viande, poissons… 
Les scientifiques jugent aussi menaçants pour l'avenir de l’humanité, le rythme d'extinction des espèces et la destruction des écosystèmes que le changement climatique. Les deux sont au demeurant étroitement liés.
Le capital génétique de la biodiversité contribue pour moitié à l’augmentation annuelle des récoltes céréalières. Il est un élément clé de la capacité des écosystèmes à répondre aux changements climatiques, aux maladies, aux ravages des cultures et à diversifier les espèces domestiques actuelles. Outre le nombre d’espèces, il est également essentiel de conserver la diversité génétique au sein de chaque espèce.
L’agriculture moderne a encouragé de nombreux agriculteurs à adopter des variétés uniformes de plantes et d’animaux à haut rendement. Cette tendance menace d’extinction un grand nombre d’essences végétales et d’espèces animales et entraîne par là même, la disparition de leurs traits spécifiques.
Les experts sont alarmés par la diminution rapide de ce réservoir génétique. Disposer d’une vaste panoplie de caractéristiques uniques permet la sélection des plantes et des animaux susceptibles de s’adapter aux évolutions du milieu.
Depuis toujours les organismes vivants favorisent la régénération, la décomposition et l’aération naturelle des sols. Les insectes pollinisateurs nous assurent fruits et légumes. La richesse de la biodiversité est également copiée pour améliorer les pratiques agricoles.
L’intensification de l’agriculture a entraîné des déséquilibres biologiques et la stérilisation des sols. L’épandage d’engrais et de produits chimiques, la pollution des nappes phréatiques, la consommation excessive d’eau et les techniques agricoles destructrices nuisent à la biodiversité. À terme, la production alimentaire et la santé du consommateur sont menacées. Or d’ici 2050, la demande alimentaire aura doublé. Ainsi, la production agricole du 20ème siècle a provoqué la stérilisation d’un quart des terres cultivables de la planète.

La biodiversité joue également un rôle crucial dans l’industrie pharmaceutique et par conséquent la santé humaine. En effet, certaines molécules fournies par les espèces végétales ou animales sont utilisées pour la fabrication des médicaments. On estime que près de la moitié des médicaments utilisés (40%) sont issus d’une matière active naturelle extraite du vivant (dans les deux tiers des cas d’une plante).
Les industries pharmaceutiques ont d’ailleurs compris l’importance de la biodiversité puisqu’elles sont très impliquées dans sa connaissance et son maintien. Citons l’exemple du laboratoire Merck qui a passé une convention en 1991 avec l’Institut National de la Biodiversité du Costa Rica, elle a rapporté 5 millions de dollars par espèce végétale qui apportait un principe actif. 
Les médicaments et tout se dont nous avons besoin se trouve dans la nature.
Ainsi l’aspirine, anti-inflammatoire, a été extraite de l’écorce du saule en 1829. D’après l’OMS, 80 % de la population mondiale dépend des remèdes traditionnels basés sur des espèces sauvages.
La nature est détentrice de nombreux médicaments potentiels qui disparaissent en même temps qu’elle. Sur 18 000 substances provenant d’organismes marins, 15 % ont permis l’isolement de nouvelles molécules actives. À ce jour, la composition chimique de 1 % seulement des espèces marines répertoriées a été analysée.
Par exemple « le rôle du Thym qui fournit le thymol utilisé comme antifongique, la Menthe qui fournit le menthol utilisé comme vasodilatateur, la Colchique fournissant la colchicine utilisée comme agent anti tumoral ou encore l’If qui fournit le taxol utilisé dans le traitement de certains cancers. »
Il est important de veiller à ne pas effectuer une surexploitation qui pourrait entraîner leur raréfaction – et par conséquent des conséquences non négligeables sur la santé humaine.
Venons-en au principe de L’empreinte écologique. Celle-ci désigne deux choses proches mais distinctes. 
Le sens commun désigne l’impact sur l’environnement d’une activité : cela peut consister à calculer la quantité de CO2 dégagée par une activité (un concert, un déplacement ou la fabrication d’un objet), la quantité d’une matière première consommée ou bien l’ensemble des matières premières et de l’énergie consommée de la fabrication au recyclage du produit en passant par sa distribution et sa consommation. Dans cette acception, l’empreinte écologique est une réflexion à périmètre variable qui tente d’appréhender les conséquences d’une activité sur l’environnement.
L’empreinte énergétique constitue à cet égard une partie de l’empreinte écologique totale.
Le cycle naturel de l’eau est basé sur un équilibre dans lequel l’eau de pluie ruisselle jusqu’aux cours d’eaux, s’infiltre dans le sol, s’évapore ou est absorbée par les végétaux. Comme nous le savons, « l’eau c’est la vie ». Donc cela est un des enjeux importants sur l’avenir de la santé humaine.
L’urbanisation de plus en plus importante des villes, l’augmentation des surfaces imperméables et la diminution du nombre d’espaces verts perturbent ce cycle par une accélération de la vitesse des eaux de ruissellement, une augmentation des pics d’écoulement et une sous-alimentation des nappes phréatiques, ce qui augmente le risque d’inondation et d’engorgement des réseaux et des stations d’épuration.
Une consommation croissante en eau potable est principalement due à l’édification de bâtiments fortement consommateurs en eau et à des usages peu économes.
Du fait des surfaces imperméabilisées, de la multitude de déchets jetés sur la voie publique et de quantités d’hydrocarbures émis par la circulation, l’eau qui ruisselle sur ces surfaces se charge de pollution, puis se retrouve dans le milieu naturel. La préservation de la qualité de l’eau passe donc, notamment, par une gestion efficace des déchets. De plus, l’industrie et l’agriculture à grande échelle engendrent des réserves d’eau douce, de plus en plus chargées en polluants.

Dans un article du monde de 2012, la journaliste Laurence Caramel nous rend compte d’un état des lieux accablant et très inquiétants :
« 85 % des stocks de poissons sont surexploités au niveau mondial. La protection et la reconstitution des ressources marines figurent parmi les priorités urgentes pour les scientifiques, alors que la majorité de la population mondiale vit près des côtes. La multiplication des  « zones mortes » provoquées par l'augmentation des rejets polluants liés à l'agriculture est jugée très préoccupante. 75 % des services rendus par la nature - pollinisation des cultures, filtration de l'eau, protection contre les inondations, etc. - sont considérés comme en déclin par les scientifiques. 13 millions d'hectares de forêt sont détruits chaque année, mettant à mal le principal réservoir de biodiversité. 
Dioxyde de carbone : Les émissions annuelles de CO2 ont augmenté de 38 % au niveau mondial entre 1990 et 2009. Limiter le réchauffement à 2 °C est de plus en plus hors de portée. »

Depuis 2002, les chefs d'Etat ou de gouvernement ont adopté, à plus de quinze reprises l'objectif de "réduire fortement le rythme actuel de perte de la biodiversité d'ici à 2010". Ils ont aussi réaffirmé une cinquantaine de fois – dont lors de trois G8 – leur soutien à cet objectif et la nécessité de prendre des mesures pour l'atteindre, selon le décompte établi par Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d'histoire naturelle.
Irréaliste ! 13 ans après avoir décrété cette urgence mondiale, les gouvernements ont beau jeu de dénoncer un objectif perdu d’avance, faute d'avoir été défini avec précision et de disposer des bons outils pour faire un véritable état des lieux et mesurer le chemin parcouru.

En octobre dernier, j’ai pu participer au colloque préparatoire pour la prochaine convention de Paris. Présidé par Hubert Reeves, je voulais vous faire part d’une phrase de ce scientifique qui résume très bien l’enjeu : « l’homme est en guerre contre la Nature, s’il la gagne, il crée sa perte » 
En effet, opposer l’Homme à la Nature est une absurdité. L’Harmonie de notre avenir réside en un respect et équilibre des deux. 
Un point positif et porteur d’espoir : pour la première fois, les problèmes sont posés et analysés de façon transversale et en interdisciplinarité. 
Ce qui nous laisse entrevoir un point de lumière suite à ce sombre constat.





Mercredi 11 Février 2015





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