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Du 10 au 14 décembre YERMA

De Federico Garcia Lorca
Adaptation et mise en scène Daniel San Pedro



L’étau des tabous sociaux, l’enfermement des femmes dans des codes moraux rigides...

“Parce que je suis blessée, blessée et abaissée plus bas que terre, lorsque je vois le blé
germer, les sources ne pas cesser de donner de l’eau, les brebis mettre bas des centaines
d’agneaux, et les chiennes. Toute la campagne debout me montre ses naissances, ses
tendres petits somnolents, tandis que je ressens des coups de marteau ici, là où je devrais
sentir la bouche de mon enfant”.
Yerma - Federico García Lorca.

Yerma, une femme qui s’interroge sur son destin contrarié et qui ne peut se résigner à vivre sans enfant...

Privée de progéniture, non seulement sa vie n’a plus de sens mais elle se voit la cible des pires rumeurs. La violence de l’étau des tabous sociaux et du poids de la religion est terrible.
Yerma se sent coupable et quand on lui suggère que son mari est peut être en cause, elle invoque son honneur qui ne l’autorise pas à regarder un autre homme. Au fil des années, son malheur vire à la haine contre cet époux insupportablement soumis aux lois sociales et domestiques qui s’intéresse plus à la fécondité de ses brebis qu’à celle de son foyer : “Les brebis à la bergerie et la femme à la maison”.
Avec ce second volet de sa trilogie consacrée à la condition féminine et aux atavismes de la société andalouse des années 1930 (Noces de sang, Yerma et La maison de Bernarda Alba),
Federico García Lorca dénonce le système rural d’une Espagne ancrée dans ses croyances religieuses et ses superstitions, la cupidité des hommes et leur machisme ainsi que la soumission des femmes enfermées dans des codes moraux rigides. Yerma est sûrement la plus violente des trois pièces et on ne s’étonnera pas qu’elle ait été très mal reçue à la création, en 1934.
C’est aussi l’oeuvre à laquelle le Castillan s’identifiait le plus : Yerma c’est Federico, il a puisé son inspiration dans sa propre famille, ses propres dualités, ses difficultés à aimer, son impossibilité à enfanter lui-même
Dans cette tragédie où alternent dialogues et poèmes, Lorca a souvent recours à des symboles. Ainsi, la fécondité est-elle symbolisée par l’eau de pluie, le lait ou l’image de la source, quand la pierre, le sable et la sécheresse renvoient à la stérilité. L’image du mur représente, quant à elle, les obstacles infranchissables auxquels est confrontée Yerma.





Utopie rustique, voyages en ruralité...


“La scène est à la campagne”. Cette annotation scénique de Marivaux, la seule laissée pour sa pièce L’Épreuve, semble bien résumer le projet de la Compagnie des Petits Champs, créée, en 2010, par Clément Hervieu-Léger et Daniel San Pedro. C’est en partant de cette didascalie que les deux comédiens et metteurs en scène ont choisi de mener une réflexion théâtrale qui, trois
saisons durant, devrait les conduire à la rencontre d’auteurs, de paysages, d’hommes et de femmes qui, loin des images rebattues, permettent de comprendre le lien viscéral, politique et poétique qui lie l’homme à la terre.

Le monde rural et la figure du paysan ont depuis longtemps cristallisé - et focalisent toujours - les ambivalences majeures de la société française. Leur sont associées des visions antagoniques du monde, de l’histoire et de l’individu qui ont trouvé à s’exprimer fortement, non seulement dans les conflits et la pensée politique ou les traditions historiographiques, mais également dans l’art : peinture et cinéma, littérature ou théâtre. D’un côté, la ruralité a été associée au retard sociétal comparé aux grandes villes, à l’ignorance et à la superstition, à la grossièreté des moeurs, à la pesanteur des coutumes, à la lutte pour la survie matérielle opposée à la quête de l’esprit, à la pression des appartenances communautaires qui freinent l’émancipation des individus. De l’autre, elle évoque (et continue d’évoquer) la richesse des traditions, les solidarités défaites par l’urbanisation et la fragmentation moderne des relations sociales, l’authenticité d’une vie proche de la nature opposée au monde urbain artificiel, la simplicité des rapports humains contrastant avec l’anonymat des grandes cités.
Ces figures opposées traversent l’histoire de la modernisation de toutes les sociétés européennes. On les trouve présentes partout : en Angleterre, Russie, Scandinavie, en Espagne ou ailleurs... Ces représentations ambivalentes fonctionnent en perpétuelle tension dans notre imaginaire collectif. Cette emprise permet de comprendre la puissance de mobilisation qu’elles ont eue et qu’elles conservent, dans la vie politique aussi bien que dans la création artistique et littéraire. Elle a nourri et continue d’abonder un riche filon utopique, dans lequel, la référence à la ruralité nourrit la protestation contre un présent que l’on refuse ou conteste. Il permet de projeter, d’inventer ou de rêver un avenir différent pour l’individu et pour la société. C’est ce fil de “L’utopie rustique” et des “Voyages en ruralité” que la Compagnie des Petits Champs entend suivre au cours des trois années à venir.
Après avoir abordé la comédie classique en présentant L’Épreuve de Marivaux (2011), la Compagnie des Petits Champs poursuit sa réflexion sur la représentation des sociétés rurales au théâtre en montant Yerma de Lorca. Ce drame moderne est l’occasion de s’interroger sur la place faite aux femmes dans un monde agricole que le progrès et la modernité contraignent à de constantes mutations.




YERMA
D’après FEDERICO GARCIA LORCA
Adaptation/Mise en scène DANIEL SAN PEDRO
Collaboration artistique CLÉMENT HERVIEU-LÉGER de la Comédie-Française
Les comédiens
HÉLÈNE ALEXANDRIDIS
AYMELINE ALIX
AUDREY BONNET
YAËL ELHADAD
STÉPHANE FACCO
JULIETTE LÉGER
DANIEL SAN PEDRO
CLAIRE WAUTHION
Assistant mise en scène Guillaume Ravoire
Scénographie Karin Serres
Costumes Caroline de Vivaise
Lumières Bertrand Couderc
Musique Pascal Sangla
Vidéo Nikolas Chasser-Skilbeck
Réalisation sonore Jean-Michel Darremont et Jean-Luc Ristord
DURÉE : 1h35 environ
Production : La Compagnie des Petits Champs
Coproduction : Centre National de Création et de Diffusion Culturelles de Châteauvallon • Festival
Automne en Normandie • Arts 276 • Théâtre de l’Ouest Parisien-Boulogne-Billancourt • L’Entracte –
Scène conventionnée (Sablé-sur-Sarthe) • TCM-Théâtre de Charleville-Mézières
Soutien : Drac Haute-Normandie/Ministère de la Culture et de la Communication • Département de
l’Eure • Région Haute-Normandie • Odia-Normandie • Fonds d’Insertion pour Jeunes Comédiens de
l’ESAD • PSPBB • ADAMI
La compagnie des Petits Champs est en compagnonnage au Théâtre de Charleville-Mézières.




Lundi 9 Décembre 2013






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