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EDEN, une série à ne pas manquer

Quand la crise des migrants en Europe bouleverse les destins d’une galerie de personnages. Entre la Grèce, l’Allemagne et la France, une fresque lucide et humaniste en six épisodes, ancrée dans la réalité.



Jeudis 2 et 9 mai 2019 à 20h55


à revoir sur arte.tv jusqu’au 31 mai 2019

 
L’Europe, terre d’accueil ? De la Grèce à l’Allemagne en passant par la France, Eden dessine les trajectoires d’hommes et de femmes en proie aux vagues migratoires qui balaient le Vieux Continent. Coproduite par les pôles français et allemand d’ARTE et le groupe ARD, une fresque sensible et humaniste réalisée par Dominik Moll et portée notamment par Sylvie Testud.
Visionnage intégral sur ARTE TV : Eden

 
Eden
Une série européenne réalisée par Dominik Moll
Avec Sylvie Testud, Juliane Köhler, Wolfram Koch, Diamand Abou Abboud, Maxim Khalil, Theo Alexander, Michalis Ikonomou, Joshua Edoze
Coproduction : ARTE France, ARTE Deutschland, Lupa Film, Atlantique Productions-Lagardère Studios, Port Au Prince Film, SWR, ARD Degeto
(France/Allemagne, 2018, 6×45’)
À l’approche des élections de mai, ARTE explore les enjeux européens via l’offre en ligne Europe 19 et de nombreux programmes à l’antenne, dont Eden.

Exigence de véracité

Fruit d’une collaboration entre les pôles français et allemand d’ARTE et le groupe ARD, Eden aborde la problématique de l’accueil des réfugiés à travers cinq histoires et une douzaine de protagonistes répartis dans trois pays d’Europe. Cette diversité d’ambiances et de situations donne à la série une ampleur à la hauteur de son sujet. Comment accueillir ? Comment s’intégrer ? La fluidité du récit, soutenue par un intérêt égal pour tous les personnages, permet d’appréhender ces questions dans toute leur complexité. Dominik Moll, habitué des histoires inquiétantes à la limite du fantastique (Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming…), change de registre pour composer une fresque ancrée dans la réalité, qui s’autorise des envolées romanesques et quelques pointes d’humour grinçant. Le choix des comédiens, des décors, et la diversité des langues parlées témoignent d’une exigence de véracité exempte de tout moralisme, dans le sillage de personnages fragiles, courageux, émouvants, qui donnent vie à un constat lucide et plein d’humanité.

 

Le réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bienLemming) dévoile Eden, série chorale qui évoque puissamment la crise migratoire européenne par le prisme de l’intime. Entretien.

 

 

Quelle approche avez-vous cherché à privilégier ?
Dominik Moll
 : Rendre compte d’un tel sujet dans sa globalité est impossible. Pour donner un aperçu de sa complexité, passer par le récit de destins individuels me paraissait être l’approche la plus juste. Le documentariste Marcel Ophuls, dont j’ai été l’assistant, disait que la grande histoire n’existe pas ; elle n’est que l’addition d’histoires individuelles. Je me suis souvenu de cette leçon, même si Eden est une fiction. Nous avons donc essayé d’incarner ce terme générique et anonyme de "réfugié" au travers de protagonistes qui font face à des choix importants. Sans jamais faire de morale, évidemment… Tout part de cette image initiale d’un groupe de migrants qui débarquent sur une plage de vacanciers. Deux mondes qui n’étaient pas destinés à se côtoyer se retrouvent soudain confrontés l’un à l’autre. Comment vont-ils pouvoir coexister ?

Quelle est la part d’"histoire vraie" dans ces récits ?
C’était important d’ancrer les choses dans la réalité, et j’ai d’emblée orienté le projet dans ce sens. Il fallait que l’édifice soit fondé. Sans compter que le travail de documentation s’avère toujours inspirant, car il permet d’identifier des situations qu’on n’aurait pas forcément pu imaginer. Certains comédiens que j’ai choisis étaient eux-mêmes en situation d’exil. Ils sont venus avec leur vécu, ce qui s’est révélé extrêmement enrichissant. On a aussi beaucoup veillé au respect de l’authenticité des différentes langues, des accents. Il fallait trouver un équilibre entre ce souci de véracité, la vérité de nos personnages en tant que vecteurs d’émotion, et la nécessité de construire une fiction.

Leurs trajectoires vous permettent d’explorer différentes tonalités, ce qui participe à la richesse de la série…
Chacun des récits a une couleur qui lui est propre. L’histoire du couple syrien à Paris a quelque chose d’un drame bergmanien, celle des deux vigiles à Athènes s’apparente à une sorte de tragédie grecque, celle d’Hélène explore le monde des affaires avec ses questions de positionnement moral, celle d’Amare est plus romanesque, presque épique... Quant à l’histoire de la famille allemande qui accueille un réfugié, elle repose sur un registre qui m’est plus familier : c’est un récit d’intrusion, à la fois comique et inquiétant. Cette juxtaposition d’univers et d’ambiances était très intéressante à explorer.

La série établit un constat lucide, mais s’autorise aussi l’émotion. Cet équilibre était-il nécessaire pour vous ?
Oui. Face à ce sujet, je ne pouvais pas garder la distance légèrement ironique qu’on peut parfois déceler dans mon travail. Je devais trouver un rapport de proximité avec les personnages. Plus que dans mes films précédents, j’ai essayé de tendre vers une émotion directe, et c’est aussi pour cela que cette série m’est particulièrement chère. Elle s’ouvre et se ferme sur l’odyssée incertaine du personnage d’Amare. Dans son énergie, sa volonté de ne pas se laisser abattre et de ne jamais perdre son objectif de vue, il y a quelque chose d’optimiste et de profondément humain. Si Eden a un héros, c’est lui.

Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène


Sylvie Testud ©ArteTV
Sylvie Testud ©ArteTV

Sylvie Testud : "On s'attache à tous les personnages"

Dans Eden, l'actrice joue une gérante de camp de réfugiés qui cherche à concilier profit et solidarité.
"Le fait que la série mette en scène des histoires qui se déroulent dans plusieurs pays donne la possibilité d’aborder la question de l’accueil des réfugiés, de toute façon tellement complexe, à travers une grande diversité de situations, de points de vue, et c’est passionnant. On s’attache à tous les personnages.
Hélène, que j'interprète, est une femme qui a été modelée par une éducation, une vision du monde. Elle pense que les choses vont s’ordonner comme elle le désire, comme elle l’a appris. Elle est dans une posture froide, dépersonnalisée, la tête dans les statistiques. Elle se doit aussi d’être dure parce qu’elle évolue dans un monde d’hommes et qu’elle est forcée de passer devant toutes sortes de commissions pour faire vivre son projet, qui est de concilier l’accueil des migrants et la rentabilité économique. Mais elle va se rendre compte que s’occuper d’êtres humains est plus difficile que cela, et qu’il est naïf de penser qu’on peut aller d’un point A à un point B sans rencontrer personne… Ce n’est pas une crapule qui devient humaine. C’est une femme qui se laisse traverser par une expérience et s’autorise à transformer son objectif. Elle prend conscience de la nécessité de faire bouger les lignes."

La série sort en DVD le 22 mai.





Mercredi 1 Mai 2019






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