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GAZ DE SCHISTE

Par Le Professeur Henri Bartholin



GAZ DE SCHISTE
GAZ DE SCHISTE
 
Contrairement au gaz de LACQ le gaz de Schiste, qui n’est autre que du méthane (CH4), est piégé au sein d’une roche sédimentaire entre 2000 et 3000 mètres. La seule technique connue et  utilisable actuellement est la fracturation hydraulique (investie en 1949). Elle est d’ailleurs utilisée en géothermie, en gestion de l’eau et pour l’extraction du pétrole.
 La fracturation hydraulique consiste à effectuer un forage à très grande profondeur pour accéder à ce gaz et plusieurs puits sont nécessaires avant d’en trouver. Quand la  couche de schiste est trouvée, il faut alors percer la roche à l’horizontale. Alors l’eau est injectée sous pression pour créer des microfissures de l’ordre du millimètre permettant au méthane de circuler, la dimension de sa molécule étant de l’ordre de quelques nanomètres. Il faut associer à l’eau  une vingtaine de produits chimiques qui facilitent l’ouverture des fissures et de la circulation du méthane. 
Les risques :
1- Pour les opposants à l’extraction du méthane la pollution d’une quantité importante d’eau et surtout des nappes phréatiques. Remarque : Cette eau peut être réutilisée et la fracturation ne menace pas notre quantité d’eau douce qui peut être préservée. De plus, je propose des solutions à la fin de cet article.
2-Contamination de la nappe phréatique par le méthane et le gaz contenu dans l’eau sortant du robinet peut s’embraser sous l’action d’une flamme.
3-Ce méthane dans l’eau ne vient pas de la fracturation puisque celle-ci est effectuée à plus d’un km au-dessous de la nappe phréatique. En conséquence, la seule possibilité, c’est une fuite dans le site d’exploitation du schiste, un problème d’étanchéité des parois.
4-Peu de sociétés dans le monde possède le savoir-faire nécessaire pour garantir l’étanchéité d’un puits. Remarque : On parle souvent des problèmes aux USA. Dans ce pays, le sol appartient au propriétaire, qui le propose au plus offrant et trop souvent à des innombrables petites entreprises incompétentes dans l’étanchéité des puits (500000 puits en 2011 aux USA). Ce n’est pas le cas en France où le sol appartient à l’Etat. Il suffit donc pour ce dernier de choisir les entreprises compétentes.
5-La fracturation hydraulique peut être la cause de séisme de 2,5 à 3,5 de magnitude. C’est pourquoi une étude sismique est nécessaire au préalable ; de plus, on sait maîtriser ce problème en jouant sur la pression de l’eau.
6- Perte de méthane dans l’atmosphère (aux USA, entre 3,6et 7,9%). Il faut savoir que le méthane présente un effet de serre 25 fois plus fort que le dioxyde de carbone (CO2).
7- Durée de vie faible d’un forage. Après un an, le rendement peut diminuer de 60 à 90%, d’où la nécessité de forer de nombreux puits pour une récolte importante.
Solutions :
On peut par exemple remplacer les produits chimiques de type gélifiant par des produits compatibles avec l’environnement comme des gélifiants agroalimentaires. On peut s’inspirer des minéraux  microporeux comme les zéolithes, on peut aussi choisir des mélanges qui une fois injectés, se cristallisent en un matériau poreux laissant passer le gaz et bloquant les substances polluantes.
La méthode de fracturation hydraulique doit être pratiquée par des organismes compétents pour éviter ou du moins limiter les inconvénients cités précédemment.
Bruno Goffé, directeur de recherche au CNRS, pense qu’il faut d’abord effectuer le bilan des ressources géologiques en France.
Ma solution, purification de l’eau utilisée :
Comme vous pouvez le constater à partir des documents ci-joints, la nanofiltration de l’eau est très performante. Le nanotube de carbone avec un diamètre nanométrique laisse passer l’eau et d’autant plus que son diamètre est petit. Il peut donc piéger quasiment toutes les molécules tout en laissant passer l’eau. Il suffit de choisir son bon diamètre pour obtenir de l’eau totalement pure. Ces filtres sont d’autant plus intéressants que ces derniers demandent une faible consommation d’énergie  puisque l’eau passe facilement dans les nanotubes et d’autant plus que le diamètre du nanotube est petit.
En conclusion la pollution des nappes phréatiques devient un mauvais argument pour l’extraction du gaz de schiste.
Remarques :
La France fait partie des rares pays qui appliquent le principe de précaution, principe qui bloque toute initiative de développement dès qu’il y a le moindre risque. Au printemps 2011, une loi interdisant la fracturation hydraulique est votée au parlement 176 voix pour, 151 contre. Tout contrevenant est passible d’un an de prison et de 75000€ d’amende.
Les industriels, les ingénieurs pétroliers, les économistes sont plus que déçus. Notre pays importe 98% de son gaz  (13 milliards d’euro en 2011, seulement pour le gaz naturel). De plus la seule source française, le gaz de LACQ,  est bientôt épuisée.
Aux USA, l’extraction du gaz de schiste a créé 600000 emplois pour le prix du gaz 4 fois moins cher qu’en Europe. Les russes ne souhaitent pas que l’exploitation du gaz de schiste soit développée en Europe puisqu’ils en sont les fournisseurs. De plus en France, le blocage existe même au niveau des laboratoires de recherche sur ce sujet.
Nous assistons à l’un des phénomènes les plus spectaculaires de l’histoire de l’énergie, encore plus important par son ampleur et sa rapidité que le choix du nucléaire dans les années 1970.
Les américains sont assaillis de demandes du monde entier, 32 pays sont concernés ce qui va conduire à une nouvelle redistribution de la carte énergétique dans le monde. Les réserves de ce gaz se concentrent actuellement autour du trio Russie-Iran-qatar pourraient à l’avenir se situer aux Etats-Unis et en Chine.
De plus l’Europe ne manque pas de gaz de schiste. La France qui se trouvait à la période jurassique, il y a 170 à 200 millions d’années, à des latitudes tempérées, devrait posséder des dépôts organiques très nombreux. La quantité de gaz de schiste pour la France  est estimée à 5000 milliards de m3, l’une des plus importantes d’Europe après la Pologne (5236 milliards de m3) et seulement 224 milliards de m3 pou l’Allemagne.
Or, la plupart des pays disposant de ressources importantes ont entrepris l’exploitation du gaz de schiste.
L’estimation approximative des réserves de gaz de schiste permet de garantir une consommation pour 150 à 200 ans ce qui éloigne la pénurie tant redoutée d’hydrocarbures.
 

Professeur des universités Henri BARTHOLIN
Références :
Hélène Le Meur , Europe et gaz de schiste
Robert W.Howarth et Bruno Goffé , faut-il envisager d’exploiter les gaz de schiste
Vincent Nouyrigat, gaz de schiste, le dossier vérité
Roland Martin, gaz de schiste : une gigantesque « bulle » spéculative
Azar Khalatbari,  gaz de schiste, les failles de l’interdit français
                              L’exploitation du gaz de schiste suspendue




Dimanche 14 Juillet 2013





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