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«Indépendance-protection sociale-retour à l’emploi»,

Billet d’humeur d’Hubert Camus, Président du PEPS



 «Indépendance-protection sociale-retour à l’emploi», 

le triptyque qui fait rêver mais qui existe déjà 

 

Avec les primaires qui approchent et en préparation des présidentielles, les candidats bataillent crocs et griffes sortis, pour faire valoir leurs idées, séduire par leur palabre et haranguer les foules. Comme dans chaque campagne et au regard du contexte difficile d’aujourd’hui, il est normal – et nécessaire – que la majorité, si ce n’est tous les politiques axent leur campagne sur la question de l’emploi. L’enjeu est simple : le plein emploi. Mais on ne peut pas retrouver ce plein emploi en campant sur nos positions déjà bien usées : le CDI arrive à bout de souffle et le CDD est trop précaire. Il est temps de trouver d’autres moyens pour enfin remplir les objectifs de croissance et d’emploi. Si certains politiques ont su proposer du « renouveau », la grande majorité d’entre eux ne semble pas vraiment innover. Il est pourtant temps de laisser place aux exceptions et de mettre de côté la règle générale.

 

Discourir en tournant autour du pot, ou l’art rhétorique des politiques

 

Durant cette campagne, il y a deux catégories d’acteurspolitiques : ceux qui tentent de proposer des solutions avec les outils habituels et ceux qui ont compris que ces outils étaient rouillés et qui tentent d’apporter quelque chose d’un peu plus innovant.

Ces politiques qui défendent une vision innovante du travail axent leur propos autour, entre autre, du travail indépendant. C’est relativement un bon premier pas… Que ce soit François Fillon ou de Nathalie Kosciusko-Morizet, ils ont su voir l’importance d’innover et de changer les codes du travail. Mais ce n’est pas assez

Tous deux veulent réformer ou créer un nouveau statut d’indépendant : le premier souhaite permettre aux entreprises d’avoir recours à des auto-entrepreneurs pendant trois ans, sans risque de requalification en contrat de travail. Si l’idée est réalisable, elle reste néanmoins trop pauvre pour vraiment faire avancer les choses... Et que dire de NKM qui parle de créer un « statut général du travailleur indépendant pour qu'être travailleur indépendant, ce soit vraiment une opportunité, avec une protection sociale » ? Cette dernière, sans le savoir, ou pire, sans vouloir le nommer, évoque lemême statut qui existe depuis les années 80. 

Concrètement, de quoi parle-t-elle ? NKM propose un statut qui permettrait d’avoir sa propre entreprise et donc d’être son propre patron. Ce dernier proposerait à une entreprise une prestation à un temps donné et ce, sans perdre la protection sociale qui lui est dû, sans mettre de côté sa famille, sans crouler sur tout ce qui est administratif et sans risque de requalification.

Soit… mais ces avantages existent déjà ; et ils définissent le statut du Portage salarial.

 

Le portage salarial, est LE statut innovant dont tout le monde parle sans que personne ne le sache.

Ce que l’on peut reprocher à ceux qui pensent à réformer letravail indépendant, c’est de n’avoir pas pensé que le portage salarial est déjà la réforme de ce travail indépendant. Mais ce qui est encore plus reprochable, ce sont ceux qui n’ontabsolument pas pensé, et encore moins évoqué le portage salarial, et ce, malgré l’actualité brûlante dont dispose ce dernier statut depuis 2008.

Les actions de Xavier Bertrand lui permettant d’obtenir une base légale avec l’adoption de la loi du 25 juin 2008, précédent son introduction dans le Code du Travail, l’Ordonnance n° 2015-380  du 2 avril2015 relative au portage salarial et enfin son adoption avec la loi Travail en 2016…mais non, rien n’y fait ! Le portage salarial ne passe pas la barrière des cercles d’initiés ou d’experts.

Et pourtant on en parle, on inonde le public d’indices. Mais rien n’y fait, on ne veut pas le nommer. C’est à croire que ce statut fait peur, sans raison apparente. Ou alors fait-il peur parce qu’il répond déjà à toutes les attentes du public, distançant de plus en plus le statut d’auto-entrepreneur ?

Le portage salarial est un statut qui allie l'indépendance de l'auto-entrepreneur et la protection sociale des salariés sans les contraintes administratives (prises en charge par la société de portage) et sans les risques de la création d’entreprise ou de statuts plus précaires comme l’auto-entrepreneur ou l’indépendant.

Il serait temps maintenant que quelqu’un parle vraiment du portage salarial, qu’il explique qu’il permettrait le retour à l’emploi pour toute une partie de la population voire le plein emploi qu’on souhaite tous. 

 

Einstein disait que de la crise naissaient l’invention, les découvertes et les grandes stratégies. En regardant dans le rétroviseur de l’histoire, on peut dire sans se tromper qu’il avait dit vrai. L’année 2008 a été une année charnière : avec la chute dLehman Brothersc’était le début de la crise financière. C’est aussi en 2008 que le portage salarial a étélégalement reconnu. Coïncidence ? A vous de voir…

Mais si ce n’est pas une perche lancée, une échelle placée, un véritable pont construit en direction de l’emploi, que faut-il de plus ?

 





Hubert Camus
Mardi 22 Novembre 2016





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