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PRÉSIDENTIELLE 2017 : HISTOIRES SECRÈTES

Magazine Inédit sur France 2 le Mardi 1er mai 2018 à 20.55



©Magneto Presse
©Magneto Presse

Il y a un an, le second tour de l’élection présidentielle marquait le point d’orgue d’une incroyable campagne où rien de ce qui était annoncé ne se produisit et où l’inédit, l’imprévu et l’impensable se taillèrent la part belle. Pour Pascal Catuogno – qui signe avec Stéphane Masseline, Fabien Boucheseiche et Erwan L’Éléouet Présidentielle 2017 : histoires secrètes –, « ce n’était plus une campagne, c’était un roman. »

Un an après, la sidération provoquée par la dernière campagne présidentielle ne faiblit pas ?
Cette présidentielle était inédite à tous points de vue. C’était la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un président au pouvoir n’était pas candidat à sa réélection ; la première fois que les partis « traditionnels » de gauche et de droite étaient éliminés du second tour ; la première fois qu’une formation nouvelle – portée par une personnalité inconnue cinq plus tôt – arrivait au pouvoir, etc. Un an après, on dispose d’un peu de recul mais on voit bien – ne serait-ce que ces jours-ci à propos de la réforme de la SNCF – que les effets de cette déflagration sont durables et que les partis politiques restent profondément déstabilisés. Les choses s’annonçaient initialement comme une sorte de match retour François Hollande-Nicolas Sarkozy, avec Marine Le Pen dans le rôle du trouble-fête. L’affiche n’était pas très excitante et, de fait, elle ne semblait pas exciter grand monde. Présidentielle 2017 : histoires secrètes commence le 12 octobre 2016 avec la publication du livre explosif consacré à François Hollande, Un président ne devrait pas dire ça (1), qui affaiblit le chef de l’État. À partir de ce moment, on dirait qu’une machine folle se met en route, qui va tourner de plus en plus vite et de plus en plus fort. La primaire à droite fait sauter Juppé et Sarkozy et propulse Fillon, qu’on n’attendait pas. À gauche, après le retrait de Hollande, Valls, qu’on annonçait favori, est blackboulé par Hamon, qu’on n’avait pas vu arriver. Tandis que Fillon s’enferre dans le « Penelope Gate », Mélenchon monte dans les sondages, Hamon décroche et Le Pen se maintient très haut. Et puis, au milieu de tout cela, la fusée Macron est mise sur orbite... Rarement, on avait vu un tel enchaînement de coups de théâtre. Ce n’était plus une élection mais un roman. Et cela valait bien un film !

Ce monde politique qu’on dit animé de stratégies complexes, verrouillé par la communication, on est étonné d’y voir tant de ratés et même de balourdises...
Verrouillé, oui, quand tout va bien et que tout le monde regarde dans la même direction. Quand les partis se grippent, à droite comme à gauche, sous l’effet de guerres intestines – et même au Front national, qui a été traversé par des querelles  stratégiques –, on voit bien que la communication dévisse. Là où ça a tenu, du côté de La République en marche et de la France insoumise, c’est que tout le monde marchait droit comme un seul homme. Et on peut noter que Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, dans des genres très différents, on fait les plus belles campagnes.

Votre film donne la parole à des journalistes et à des acteurs de cette campagne électorale. A-t-il été difficile de convaincre des politiques de revenir sur les péripéties de cette histoire qui, pour certains, est encore douloureuse ?
Cela a été très difficile du côté de LREM, où la parole semble très contrôlée. De manière générale, beaucoup de personnalités contactées ont décliné l’invitation. Elles préfèrent sans doute ne pas revenir pour le moment sur des événements qui sont effectivement parfois cuisants. Pour d’autres, surtout à droite, il a fallu insister un peu. Je crois que, pour tout le monde, la page est encore loin d’être tournée. On voit bien que si à l’extrême droite et à l’extrême gauche, les repères tiennent, dans les camps « traditionnels », en revanche, au Parti socialiste et plus encore chez Les Républicains, on se cherche. On peut même se demander si la droite réussira à se reconstituer. Certains sont tentés de faire les yeux doux à LREM, d’autres évoluent vers des positions plus dures. Au fond, LREM met en question, pose problème, polarise, absorbe, brouille, etc. Dans ces conditions, il y a beaucoup de difficultés à se positionner et donc, forcément, à tirer le bilan de ce qui s’est passé en 2017.

La présidentielle 2017 a-t-elle livré tous ses secrets ?
Je ne le crois pas ! Les journalistes, et après eux les historiens vont se pencher sur elle encore longtemps. Mais on peut déjà avancer qu’elle marque un tournant dans la vie politique française et que les choses ne seront plus comme avant. Ne serait-ce que dans le domaine des affaires. Les politiques ont été marqués, peut-être même pour certains traumatisés. Ils y réfléchiront à deux fois désormais. Il me semble que c’est une bonne nouvelle.

Propos recueillis par Christophe Kechroud-Gibassier

(1) Publié par Gérard Davet et Fabrice Lhomme aux Éditions Stock.

(source: FranceTV Pro)
 





Lundi 30 Avril 2018






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