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Posséder une voiture en ville, une absurdité bientôt obsolète

par Benoît Chatelier, fondateur et CEO d’Ubeeqo



Une fois additionnés l’amortissement de l’achat, l’entretien, l’assurance, le carburant, le stationnement et les inévitables contraventions, une petite citadine ordinaire revient aisément à 5 000 € ou 6 000 € par an à son propriétaire. A l’inutile des coûts, s’ajoutent les contrariétés, liés au temps perdu dans les bouchons et les galères de stationnement. Enfin, n’oublions pas sa contribution personnelle aux nuisances urbaines collectives : bruit, pollution, stress, gaspillage d’un espace pourtant compté… Tout cela pour quelque chose qui ne flatte même plus son ego, comme le constatent les DRH devant les mines régulièrement désappointées des salariés auxquels ils proposent une voiture de fonction. Et, pour couronner le tout, pour un véhicule qui reste inutilisé 95 % du temps. Franchement, cela en vaut-il la peine ? À l’évidence non. Clairement, posséder une voiture en ville est, à tous points de vue, une absurdité.
 
Ce qui ne veut pas dire que la voiture est inutile ou dépassée. Tous ceux qui ont amené l’aînée à la danse, le cadet au tennis et le petit dernier chez papi et mamie le confirmeront. Comme tous ceux qui sont rentrés en taxi à 3h du matin  sous la pluie, ou qui ont aidé un étudiant à emménager. L’automobile reste parfaitement légitime, y compris en ville, pour de nombreux usages. Elle l’est plus encore à la campagne, où elle est incontournable, et il serait de mauvaise foi de nier le plaisir qu’elle peut parfois procurer. Non, ce qui est aberrant, irrationnel, insensé, ce n’est pas la voiture elle-même, mais le fait pour un citadin d’en posséder une. Et donc, pour tenter de la rentabiliser, d’en faire son mode de déplacement privilégié.
 
Déjà à Paris, ceux qui se rangent à ces arguments sont de plus en plus nombreux. Plus de 60 % des ménages ne sont pas motorisés, un chiffre en constante augmentation. L’âge du permis de conduire ne cesse quant à lui de reculer chez les jeunes Parisiens, qui ne finissent par s’équiper que sous la contrainte d’une naissance ou d’un travail éloigné, leur choix se portant en général sur un compromis de véhicule, adapté à tout et idéal pour rien. Mais les Parisiens ont la chance de pouvoir disposer de nombreuses alternatives leur permettant assez facilement d’abandonner leur voiture. Bientôt, ce sera le cas dans toutes les villes.
 
Ce mouvement de fond apparaît irréversible. Dans un avenir proche, posséder une auto en ville sera non seulement absurde, mais obsolète. Avec le développement de nouvelles options de mobilité, le citadin deviendra multimodal, adaptant son mode de transport à sa situation. Entre le vélo ou le transport public, l’automobile continuera à jouer un rôle essentiel, que ce soit en taxi ou VTC, en autopartage, en covoiturage ou en location. S’affranchissant des contraintes de la propriété, l’automobile deviendra une ressource : accessible si nécessaire, différenciée selon les utilisations, et payée à l’usage. Mais ceci nécessite néanmoins une montée en puissance de l’offre de services, qui doit envisager tous les cas de figure et être capable d’y répondre commodément. 
 
L’objectif est d’avoir un vrai choix, pas de retomber dans le piège d’un moyen de transport imposé. Moins de voitures, c’est une ville plus douce, plus fluide, mais c’est certainement aussi mieux de voiture. Des véhicules tour à tour connectés, autonomes, spacieux ou sportifs, pour retrouver le goût de l’automobile en ne gardant que le meilleur propre à chaque besoin.
 




Benoît Chatelier
Dimanche 20 Décembre 2015






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