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Trajectoires Kanak

Histoires de voyages en Nouvelle-Calédonie

du 4 novembre 2017 au 16 septembre 2018
Musée Anne-de-Beaujeu - Moulins



Trajectoires Kanak
L’exposition rassemble de nombreux objets très rarement présentés au public, et pour certains entièrement inédits, issus de la collection extra-européenne du musée Anne-de-Beaujeu.
Les collections kanak, rapportées de Nouvelle-Calédonie pendant la deuxième moitié du 19e siècle par des colons, missionnaires, aventuriers ou scientifiques, rendent compte des rapports politiques, culturels et sociaux entre la France et sa lointaine terre du Pacifique...
Des objets du musée du Quai Branly – Jacques Chirac à Paris, du musée des Confluences à Lyon, du muséum d’histoire naturelle à Grenoble ou encore du musée Bargoin à Clermont-Ferrand complètent les pièces du musée.
Au-delà de la découverte d’objets emblématiques de la culture kanak, l’exposition propose un éclairage original sur le parcours de certains d’entre eux, en suivant les trajectoires de celles et ceux qui ont vécu l’une des dernières grandes vagues d’exploration du globe.
Aux côtés d’un colon d’Ygrande, d’un chef kanak rebelle, ou encore d’un enfant métis kanak élevé dans le Bourbonnais, nous vous invitons à une rencontre inattendue, entre la grande région Auvergne- Rhône-Alpes et la culture kanak.

Voyage, peuple kanak, en passant par l’environnement, les armes, les rituels, autant de thèmes abordés au fil de l’exposition qui se veut accessible à tous, petits et grands.
Un riche programme culturel accompagne cette exposition (conférences, contes en musique, visites commentées, ateliers pour le jeune public...). 

 

Photo Poindi-Patchili ©Mitchell library, Sydney, Service presse/mab
Photo Poindi-Patchili ©Mitchell library, Sydney, Service presse/mab
 
 
Les collections du musée Anne-de-Beaujeu sont constituées en partie de dons d’érudits et collectionneurs locaux du 19e siècle, membres de la Société d’Émulation du Bourbonnais. Parmi ces donateurs, nombreux sont ceux qui ont parcouru le monde, rapportant souvenirs et curiosités de leurs voyages (momies égyptiennes, outils en silex amérindiens...). Dans ce fonds « extra-européen », une série d’objets très homogène se dégage. Il s’agit d’un lot de 36 armes originaires de Nouvelle-Calédonie, collectées durant la 2e moitié du 19e siècle. Malheureusement, très peu d’informations sont disponibles sur ces pièces. Ce fut l’occasion d’une enquête par l’équipe du musée bourbonnais à l’autre bout du monde !
En 1948, la mention d’un don d’objets kanak ayant appartenu à un certain Léon Moncelon nous a mis sur la piste de plusieurs personnages au destin extraordinaire : Moncelon lui-même, colon français parti s’installer en Nouvelle- Calédonie en 1873 et bientôt rejoint par ses deux parents. La famille Moncelon restera sur place jusqu’en 1884, date à laquelle elle rentre en France avec, à ses côtés, un jeune garçon métis qui sera élevé dans l’Allier. En n, grâce au musée de Bourges, des objets ayant appartenu au chef kanak Poindi-Patchili sont également présentés.
Emmanuel Kasarhérou, responsable de la coordination scienti que des collections du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac et commissaire scienti que de l’exposition a pu authenti er cette collection inédite du musée Anne- de-Beaujeu. Son travail, et celui de Roger Boulay, sur l’inventaire du patrimoine kanak dispersé, a permis d’identi er plusieurs musées de la région Auvergne-Rhône-Alpes conservant également des collections de cette culture, complémentaires de celles du musée Anne-de-Beaujeu.
C’est au nal une centaine d’objets, certains inédits, qui sont présentés à l’occasion de cette exposition qui sera ensuite visible à Bourges à partir de l’automne 2018. 

Hache ostensoir inv. 2012.2861.1 Bois, textile tissé, coquillage, pierre polie ©Musée savoisien, Chambéry, Service presse/mab
Hache ostensoir inv. 2012.2861.1 Bois, textile tissé, coquillage, pierre polie ©Musée savoisien, Chambéry, Service presse/mab
 

Parcours de l’exposition
 
L’exposition présente les collections kanak conservées dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à travers les expériences et les parcours de ceux qui les ont ramenées ou qui en étaient les propriétaires. Les objets rassemblés ont été collectés pendant la 2e partie du 19e siècle et témoignent des acteurs présents en Nouvelle- Calédonie à cette époque : les peuples autochtones kanak, les colons libres, les missionnaires et les scientifiques.
 
 
 
Le voyage


En 1873, année où Léon Moncelon part pour la Nouvelle-Calédonie, il faut 4 mois de bateau, sur 3 océans, pour atteindre Nouméa. Pendant ces 4 mois, les communications avec la France sont impossibles, laissant les familles dans l’inquiétude. À l’heure d’internet et de la communication à grande échelle autour du globe, le début de l’exposition plonge le visiteur dans un monde oublié ou insoupçonné, car le temps, la patience et l’inconnu faisaient partie du voyage. 

 
 

 
Environnement


La Nouvelle-Calédonie est située à 16 740 km de la France métropolitaine ; sa super cie de 18 576 km2 en fait la 3e plus grande île du Paci que.

Bien que 30 fois moins grande que la France, la Nouvelle-Calédonie abrite presque autant d’espèces végétales terrestres. On dénombre aujourd’hui 3 261 espèces de végétaux. La faune terrestre ne comprenait à l’origine aucun mammifère. Le seul mammifère présent sur l’île avant l’arrivée des Européens est la roussette, espèce grégaire de chauve-souris, arrivée par les airs.

Cet espace présente la faune et la ore de l’archipel, ainsi que la culture matérielle traditionnelle des kanak.

Avant l’arrivée des Européens, les Kanak n’utilisaient pas le métal ; leurs armes, outils et ustensiles du quotidien étaient donc fabriqués à partir de produits issus de la nature : bres végétales, bois, pierre ou encore poil de roussette. 

 
 
Les armes


Les armes caractéristiques des kanak sont de 3 catégories : - les sagaies, armes de jet propulsées à grande vitesse,
- les massues et casse-tête,
- les frondes.

Les sagaies, massues et casse-têtes étaient soit des armes de guerre, soit des objets de parade utilisés lors de cérémonies ou de rites.
Les collections ethnographiques françaises et étrangères ont vu a uer quantité d’armes kanak de combat rapproché, comme les casse-têtes qui servaient à rompre les vertèbres du cou ou à défoncer le crâne ou le sternum de l’adversaire. Nombreuses parmi celles-ci ont été con squées ou interdites d’usage dans certaines régions de la Nouvelle-Calédonie à la n du 19e siècle. 
Les casse-têtes ont très vite attiré l’intérêt des collectionneurs d’objets exotiques. Ces armes étaient en général fabriquées dans du bois extrêmement dur comme le gaïac (Acacia spirorbis Labill.) ou l’arbre de fer (Casuarina equisetifolia L.).
Massues et casse-têtes se répartissent en plusieurs modèles établis selon leur forme : champignon, phallomorphe, bec d’oiseau...
Pour « armer » ces objets, leur insu er une force mystique, ils étaient ornés de cordons en poil de roussette, de tapa ou de tissus européens pour les plus récents. Ces attributs retirés, les objets se retrouvent « désarmés », ils pouvaient alors être utilisés comme objets de parade.
C’est dans cette section qu’est présenté le portrait du chef Poindi-Patchili, dont le casse- tête et la massue ont été prêtés par le musée de Bourges. 

 
 
Le monde rituel

Le monde symbolique kanak est riche et varié selon que l’on soit sur les îles, ou sur les di érents points de la Grande Terre.
La conception du monde se dé nit selon de grands principes fondamentaux comme l’étroite relation à la terre et aux ancêtres. L’identité kanak est ainsi fortement marquée par la généalogie des di érents clans, se référant à un ancêtre fondateur. Cette lignée ancestrale se retrouve dans une multitude de références, dans des lieux comme la Grande Case, mais aussi dans les droits de propriété de la terre.

Le monde rituel est évoqué à travers divers types d’objets : - les objets issus de la Grande Case kanak
- des statuettes anthropomorphes
- des bambous gravés

- des monnaies
- des haches ostensoirs - des objets liés au deuil 

3 sagaies de deuil inv. X.0.68/x.0.72/x.0.80 ©Musée Anne-de-Beaujeu, Service presse/mab
3 sagaies de deuil inv. X.0.68/x.0.72/x.0.80 ©Musée Anne-de-Beaujeu, Service presse/mab



DÉCOUVERTE DE 3 OBJETS INÉDITS 
 
Lors de la préparation de l’exposition, Emmanuel Kasarhérou, responsable de la coordination scienti que des collections du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac et commissaire scienti que de l’exposition, a été sollicité pour identi er un lot de sagaies conservé dans les réserves du musée Anne-de-Beaujeu.
Parmi les 18 sagaies authenti ées à cette occasion, trois se sont avérées être tout à fait exceptionnelles. Ces sagaies dites « de deuil » auraient été produites exclusivement dans la région du Centre nord, à l’occasion de la mort d’un chef. Elles étaient lancées sur les cases du chef mort et laissées à pourrir.
Avant l’exposition, seules 3 sagaies de ce type étaient connues dans le monde (une à Paris au musée du Quai Branly- Jacques Chirac, une à Berlin, et une à Genève).
Le lot découvert au musée Anne-de-Beaujeu permet ainsi de doubler le corpus total connu des sagaies de deuil. 

Les Kanak 
 
Ce dernier espace du parcours met en avant la population kanak, en présentant les visages de ces hommes et de ces femmes, longtemps ignorés par la France. Leurs objets de parure y sont exposés (bracelets, colliers, coiffe...).
Dans cette section sont présentés les éléments (rassemblés à partir des archives de la Société d’Émulation du Bourbonnais) de la vie de Pierre Poyti, métis kanak élevé en France, comme un trait d’union entre les hommes et les femmes kanak présentés dans la salle, et l’Europe, son continent d’adoption.
Tout au long du parcours, les écrits de la famille Moncelon accompagnent le visiteur au fil de ce voyage dans le temps et l’espace.
Un espace est consacré à la diffusion d’une série de courts documentaires réalisés par l’Association des musées et établissements patrimoniaux de Nouvelle-Calédonie.
 
 
 
La Nouvelle-Calédonie pendant la 2moitié du 19siècle 
 

Quelques données géographiques :
• La Nouvelle-Calédonie est située à 16 740 km de la France métropolitaine
• La Nouvelle-Calédonie est un archipel composé de l’île principale (Grande Terre), les iles Belep au nord, l’ile des Pins au sud, les îles Loyauté à l’est et à l’ouest les îles Chester eld
• La Grande Terre est la plus grande des îles néo-calédoniennes. Elle est parcourue sur toute sa longueur par une chaîne montagneuse qui culmine à 1 629m d’altitude.

Les Kanak, tout comme la majorité des Océaniens, sont les descendants d’un lointain peuple de navigateurs, les Austronésiens. Ils peuplent la Nouvelle-Calédonie vers 1100 av. J.- C. et y développent, jusqu’au début du premier millénaire de notre ère, une culture principalement littorale caractérisée par des poteries décorées dites « Lapita ».

De 1000 à 1774, la société traditionnelle kanak s’élabore progressivement. Les billons d’ignames et les tarodières fossiles, dont on retrouve encore de nombreux exemples, témoignent d’une horticulture sophistiquée gérée par un système social fédéré autour de che eries.

Au 18e siècle, les navigateurs britanniques et français partent à la découverte de l’ouest du Paci que encore inconnu des Occidentaux. Alors qu’il e ectue son deuxième voyage dans la région, James Cook aborde le nord de la Grande Terre, à Balade, le 4 septembre 1774, inaugurant ainsi la découverte mutuelle des Kanak et des Européens. La vue des côtes calédoniennes lui rappelant celles de l’Écosse (Caledonia en latin), il nomme cette nouvelle terre « New Caledonia».

 

QUELQUES DATES
 

 

Entre 1792 et 1840, de nombreux autres explorateurs parcourent la région, parmi lesquels d’Entrecasteaux, pour la côte ouest, et Dumont d’Urville qui achève la cartographie des îles Loyauté.

Pour contrer une christianisation exclusivement protestante de l’Océanie, sept missionnaires catholiques de l’ordre des Maristes, conduits par Mgr Guillaume Douarre, débarquent à Balade, en 1843.

Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend o ciellement possession de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances. Pour peupler la Nouvelle-Calédonie, le gouvernement français fait venir deux types de colons : les « libres » qui ont choisi de s’installer dans l’archipel et les « pénaux », venus purger une peine d’emprisonnement le plus souvent assortie d’une obligation de résidence perpétuelle dans la colonie.

Les conséquences de la colonisation sur la population kanak sont dramatiques. Dès 1855, l’État s’attribue la propriété des terres, et au fur et à mesure de l’avancée du front pionnier, l’administration coloniale contraint les populations autochtones à se regrouper dans des territoires délimités à cet e et.

Les spoliations foncières, la marginalisation sociale résultant de l’indigénat et la perte des repères culturels, suscitent un profond mécontentement dans les tribus. Il se traduit par un certain nombre de soulèvements ou de révoltes comme en 1868 ou en 1878. 
Enfin, un parcours de médiation réalisé par le service des publics des musées départementaux est accessible tout au long de l’exposition.

Le lot découvert au musée Anne-de-Beaujeu permet ainsi de doubler le corpus total connu des sagaies de deuil. 
©Service presse/mab
©Service presse/mab

Autour de l’exposition

 
 
 
  • mercredi 17 janvier, 18h : Conférence
Emmanuel KASARHEROU, commissaire scienti que de l’exposition « Trajectoires Kanak », responsable de la coordination scienti que des collections du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac 
  • mercredi 21 février, 18h : Conférence Le bagne et la colonisation pénale en Nouvelle-Calédonie : utopies, pratiques et e ets d’héritage 
Isabelle MERLE, chargée de recherche au CNRS, université d’Aix-Marseille CREDO UMR 7308 
  • mercredi 28 mars, 18h : Conférence La planète revisitée : expédition Nouvelle-Calédonie 2016-2017 Museum National d’Histoire Naturelle 
  • mercredi 25 avril, 18h : Conférence Missionnaires auvergnats au bout du monde
Stéphane GOMIS, Professeur d’histoire moderne, Doyen de l’UFR Lettres, Culture et Sciences Humaines, université Clermont Auvergne 
  • samedi 19 mai, de 19h à minuit : Nuit européenne des musées 
  • mercredi 30 mai, 18h : Conférence Archéologie de la Nouvelle-Calédonie
Christophe SAND, directeur de l’Institut d’Archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Paci que 
juin - Conférence (programme à venir) 
 
  • samedi 15 et dimanche 16 septembre, de 10h à 12h et de 14h à 18h : Journées européennes du patrimoine 
  • samedi et dimanche à 10h30 : visite commentée de l’exposition
  • samedi et dimanche de 14h à 17h30 : atelier pour les enfants 
 
Visites commentées en journée Durée : environ 1h / sur réservation 
dimanche 26 novembre, 15h30
dimanche 10 décembre et mercredi 27 décembre, 15h30
mercredi 3 janvier et dimanche 21 janvier, 15h30
dimanche 11 février, mardi 13 février et mardi 20 février, 15h30
dimanche 11 mars, 15h30
mardi 10 avril, mardi 17 avril et dimanche 22 avril, 15h30
dimanche 27 mai, 15h30
dimanche 24 juin, 15h30
mardi 10 juillet, mardi 17 juillet, mardi 24 juillet, dimanche 29 juillet et mardi 31 juillet, 14h45 mardi 7 août, mardi 14 août, mardi 21 août, dimanche 26 août et mardi 28 août, 14h45 samedi 15 et dimanche 16 septembre, 10h30 (JEP)
 

© Luc Olivier, CDT
© Luc Olivier, CDT

Musée & infos pratiques

Le musée Anne-de-Beaujeu 
 
Aménagé dans le pavillon Renaissance construit par Anne de France et Pierre II de Bourbon vers 1500, le musée Anne-de- Beaujeu, patrimoine du Département de l’Allier, occupe une partie des bâtiments qui composaient autrefois le prestigieux Château des ducs de Bourbon.
Il conserve une importante collection d’archéologie égyptienne, grecque et romaine, un ensemble de sculptures médiévales bourbonnaises, des arts décoratifs moulinois du 18e siècle (faïence et coutellerie), des retables de la n du Moyen Âge et une riche section consacrée à la peinture académique du 19e siècle. 
 
 

Venir au Musée Anne-de-Beaujeu 
Musée Anne-de-Beaujeu 
Place du Colonel Laussedat
03000 MOULINS
 
T +33 (0)4 70 20 48 47
Plein tarif 5 € / Tarif réduit 3 €
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans
Ouvert toute l’année 

De Paris, accès direct en train en 2h30









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